Voici un article un peu exceptionnel puisqu'il n'a été écrit ni par Claire, ni par moi, mais par Sam, un très bon ami. Etudiant en socio' il brille par son talent à poser des questions qui ont tendance à ébranler l'auditoire. Une fois n'est pas coutume, le sujet de l'amour aura fait l'objet d'un ménage à trois.
Samedi 22 h 30 au Safari. Vous avez rendez-vous avec l’ami d’une amie. Enfin une histoire compliquée, proche du truc arrangé. Mais paraît qu’il est pas mal alors vous avez accepté. De toute façon ça coûte rien. Vous êtes célibataire, le programme TV du samedi est vraiment pourri et tous vos potes sont rentrés voir leur papa et leur maman. Sans oublier les connards qui veulent pas sortir dans le froid, préférant rester en couple bien au chaud pour mater un DVD en faisant touche-pipi sous la couette. Dans tous les cas le rapport coût / intérêt vous est favorable. Le litre de bière que vous vous apprêtez à enfiler ne vous coûtera rien puisque c'est lui qui paiera et pour un peu que le client en vaille la peine, vous pourriez bien ne pas dormir seul ce soir.
Scénario 1 : pas mal mais juste pour un plan cul
Enzo arrive avec 5 minutes de retard. Mais vous n'avez aucun mal à lui pardonner. Son premier sourire vous fait fondre. Une sex-bombe. C'est bien parti. A l'aise dans ses mocassins, son pantalon noir assorti à ses chaussettes et son blouson en cuir noir, ce mec a la classe. Première phrase, première blague. En plus ce mec a de l'humour. Vous fondez. Une kro, deux kro, quatre kro, l'ambiance se détend. Il fait quelques allusions au sexe. Vous entrez dans son jeu. Il est 1h00. Vous avez super envie de pisser – à cause de la kro – mais ce sera la seule pause de la soirée. Vous acceptez de voir son appart. En fait vous le voyez pas vraiment parce que vous êtes bourrée. Chez lui, au bout d'un quart d'heure vous vous retrouvez nue – heureusement vous vous êtes épilée – et vous vous surprenez à faire des trucs plutôt pornos. La scène dure jusqu'à 4h.
Dimanche 11 h. La bouche pâteuse et un petit mal au crâne sur le réveil. Dom Juan ronfle encore. C'est l'occasion de découvrir l'appart. Plutôt crade l'endroit. L'entrée dans les toilettes vous rappelle l'A10. L'espace est centré sur l'immense TV probablement achetée à Planète Saturne. Ah, il se réveille. La discussion s'installe. Aujourd'hui pour lui ce sera journée PS3, histoire de finir le dernier Tomb Raider avant demain. Parce que la rembauche lundi s'annonce difficile. La maçonnerie ça crève. Ses mains râpent un peu mais vous ne l'aviez pas remarqué la veille vous étiez bourrée. « Et toi tu fais quoi dans la vie ? » lance-t-il d'un ton suspicieux. Vous répondez « je suis en master d'histoire de l'art. » « Ah oui pour faire peintre », conclut-t-il. Bon avec lui c'est pas gagné. Vous changez de sujet et racontez vos dernières vacances en Tunisie. Ce con ne sait même pas la situer sur une carte. S'ensuit un blanc gênant d'une à 2 minutes. Il est inintéressant quand l'alcool ne vous ronge pas le cerveau. Finalement, vous mitonnez d'aller chercher les croissants pour vous casser vite fait.
Scénario 2 : C'est un garçon gentil
« Disons que c'est un garçon gentil. » Cette phrase, tout homme la craint, voir prie chaque soir en espérant qu'aucune fille ne la prononcera un jour en parlant de lui. Dans ce scénario il n'y a pas de dimanche puisque vous rentrez dormir chez vous.
Le mec arrive à l'heure. Pas une bombe mais pas un thon non plus. Par contre très poli. La conversation s'engage. Super intéressante. Il veut devenir architecte d'intérieur et adore Marcel Proust. Ce mec a plein de trucs à raconter. Vous surveillez vos mots, vous essayez de tenir son rang, quelque part vous jouez un rôle. Il faut dire qu'il n'a aucun humour pour détendre l'atmosphère. Dans votre tête vous imaginez comment le décoincer, lâcher une caisse malodorante, un rot impressionnant, ou bien parler de cul. Impossible. Vous êtes trop gênée. Vous ne baiserez pas ce soir, lui non plus. Vous aimeriez bien le revoir, il est intéressant. Mais vous ne vous imaginez pas à 4 pattes en train de lui faire une fellation.
Scénario 3 : l'histoire d'amour
Et alors comment naît une histoire d'amour ? Pour que l'alchimie prenne, il faut que deux critères soient remplis.
L'hexis : le mec s'habille dans le style que vous aimez, il est beau mais pas seulement. Vous appréciez les expressions de son visage, sa voix, son rire, sa manière de se tenir, de marcher. Imaginez un mec qui crache, ça va pas coller. Et ben disons qu'il y a des micro signes que vous pouvez aimer ou détester chez l'autre, et qui vont provoquer le désir ou pas.
Alors vous allez me dire « c'est nul ton truc ça marche avec Enzo. », mais 2 secondes. Ecoutez mon 2e critère. L'hexis ne suffit pas. Pour que deux personnes deviennent un couple, l'attirance physique doit s'ajouter à autre chose. Il faut une attirance intellectuelle. C'est l'ethos. Vous savez il y a des gens quand vous leur parlez vous les trouvez super. Vous avez l'impression de toujours les avoir connus. Ils aiment les mêmes humoristes, aiment les mêmes sports, les mêmes programmes TV, et les mêmes restaurants. Vous partagez les mêmes goûts, les mêmes identités, bref les mêmes manières de penser. Quand le mec remplit les 2 critères non seulement vous vous retrouvez bourrée chez lui vite fait, mais en plus vous vous rappelez dans la journée parce que vous vous verriez bien le présenter à toutes vos copines. Et, qui sait, à votre famille.
Alors prochaine fois que vous vous retrouverez au Safari en face du client, pensez à l'hexis et à l'ethos. Vous saurez de suite si vous avez rencontré un sexe sur pattes, un ami, ou l'homme de votre vie.
Samuel
* Pour les mecs il faut transformer le masculin en féminin bien sûr, sauf cas d'homosexualité.
mercredi 14 novembre 2007
Le plan-cul le mec gentil* et l’histoire d’amour
dimanche 21 octobre 2007
Les noeuds complexes des liens humains
Les relations hommes-femmes sont par essence compliquées, bien sur en partie parce que chacun des sexes possède des mystères que l'autre ne pourra sans doute jamais totalement intégrer et comprendre, mais aussi car la variété des liens qui peuvent unir hommes et femmes ou plutôt les êtres humains entre eux quelque soit leur sexe sont d'une complexité étonnante. Devant une telle multitude de possibilités, sans doute vaudrait-il mieux laissez aller les choses, tranquillement et naturellement mais l'homme a besoin de se situer, il veut savoir à quelle relation il a à faire pour savoir comment se comporter et sans doute et avant tout, pour pouvoir se protéger.
L'amitié homme-femme reste un sujet très largement contesté, d'aucuns diront qu'elle est impossible et toujours empreinte de désirs inavoués... je serais moins catégorique mais en effet il existe une forme d'amitié particulière, que j'appellerais amitié-limite : c'est une relation que deux personnes peuvent partager sans aucune consommation mais qui effectivement est teintée de risques. Il faut savoir en ce cas poser une ligne, la fameuse ligne à ne pas dépasser, celle séparant l'amitié de l'amour. C'est alors un véritable jeu de funambule qui s'engage, car l'amitié est bel et bien une forme d'amour, et qu'il est parfois difficile de faire la part des choses - encore plus quand l'alcool entre en scène... - mais souvent, un petit quelque chose nous ramène toujours du bon côté, une forme d'instinct de survie, la survie d'une relation unique sans doute qui une fois consommée perdrait de sa magie...
Ce genre de limite est parfois expérimentée avec la personne d'un(e) ex... ha, la relation à l'ex, c'est encore là une multitude de choix qui s'offrent à nous. La première est une relation de haine, souvent motivée par une rupture délicate et une déception amère, l'amour passé devient ennemi(e). On peut également s'en faire un(e) ami(e), d'une part car ce qu'on a à partager peut garder de son charme et d'autre part car peut-être avant d'être amour puis ex, la jeune personne était – elle un(e) ami(e). Et là peut s'engager une nouvelle relation : celle du Plan Cul Fixe, dévolu particulièrement aux ex car cela nous procure généralement le but recherché : du plaisir ; en effet, quoi de mieux qu'une personne déjà testée dont on connaît les talents sexuels pour ce genre de relation. Ensuite, il n'y a pas de règles, tout ami est susceptible de faire office de PCF si il y a consentement mutuel et que les règles sont bien établies dès le départ (sinon gare à la casse).
Mais avant d'être un(e) ex, il (elle) était bel et bien amour... Peut-être un amour vache fait de disputes, de ruptures et réconciliations, ce genre d'amour dont on peut devenir accroc parce qu'il est souvent aussi un amour impossible et que tout un chacun veut combattre l'impossible (je serais d'ailleurs d'avis qu'en matière de relations humaines, rien, en effet, est impossible). Il existe aussi l'amour passion, celui dont la fin est rapide mais le vécu si intense. Et enfin, l'Amour avec un grand A, je découragerais sans doute les plus cyniques en la matière tant je crois en cette possibilité : « l'osmose parfaite » si on veut en donner une définition, mais rien n'est plus difficile car il n'en existe pas deux pareils !
Ainsi hommes et femmes déclinent leurs sentiments dans de multiples facettes, j'en connais même qui mêlent plusieurs relations en une ; une sorte de fourre tout où l'amour vache devient grand amour pour finir par haïr l'autre puis le considérer en ami qui deviendra un plan Q voir plus... et les choses recommencent, se compliquent, s'intensifient... on a pas fini !!
- merci à mes amies et particulièrement Élise pour l'inspiration qu'elles m'ont fournie.
Claire
Ensemble s'étouffe - suffoquons sous la multiplicité des relations
18h35, un samedi. Je ne suis pas totalement réveillé. La soirée de la veille était agitée, et pleine d’émotions diverses et variées.
Je me connecte à MSN.
« Claire, t’as pas une idée pour le prochain échange d’article ?
- Si justement. Les différents types de relations. »
Alors c’est parti. Le sujet est aussi aisé a traiter que désamorcer une bombe sans les mains.
Plusieurs types de relations relient les hommes aux femmes (ou les hommes aux hommes comme les femmes aux femmes, cela va sans dire). La première en laquelle on croit, grâce à Monsieur Disney, c’est l’amour pure. Le prince tombe amoureux de la princesse et l’emmène sur un cheval blanc, loin de la méchante sorcière. Très bien, sauf que l’on a tôt fait de découvrir que ce schéma est parfaitement erroné. En parti tout au moins.
Car que se passe-t-il si le prince devient alcoolique, et qu’il colle des roustes à la princesse ? Ou que la princesse met tout en œuvre pour rendre le prince complètement sénile ? Et bien il ne se passe pas grand-chose. Cela s’appelle, l’amour vache. Gainsbourg l’avait tout à fait cerné en chantant « Je t’aime, moi non plus ».
Le partenaire fait vivre un enfer à sa moitié, mais l’amour rendant aveugle (tout comme la masturbation dans les pays anglo-saxon), les deux aimants se satisfont d’un statut quo. Car ne nous y trompons pas, ceci est bien de l’amour. Certes empreint d’une bonne dose de matière fécale et de sado-masochisme.
Revenons quelques années en arrière avant que la situation ne dégénère. Non, encore plus tôt, le prince n’a pas embrassé la princesse, et inversement. Voilà.
Peut-être que elle a peur de s’engager, et que lui veut seulement passer un bon moment. Alors ils vont aller prendre un verre de cabernet sauvignon dans un restaurant chic. Ou peut-être se bourreront-ils la gueule avec de la piquette dans un restoroute. Qu’importe, ils finiront dans tout les cas, nus à mettre en pratique les 69 positions du kamasoutra illustré que le Prince a acheté à la supérette du coin, deux jours avant. Tout deux sortiront comblés, quoique éreintés, de leur soirée. Pas de lendemain, pas de prises de têtes, juste du sexe. Vulgairement appelée plan cul, cette pratique serait probablement mieux qualifié par « échange-passionnés-de-fluides-corporels-variés-sans-promesse-de-lendemain-sans-toutefois-en-exclure-la-possiblité ».
Certains trouverons une intéressante variante, en s’élançant dans des étreintes débridées avec leurs ex(e)s. Le prince et la princesse se sont séparés, mais ils continuent d’explorer leurs corps. Forts de l’expérience commune qu’ils ont, débarrassés des contraintes du couple, leurs ébats seront puissants et attentionnés. C’est la période sexuelle la plus faste d’une relation : tout les coups sont permis.
Pour rendre la situation, encore plus complexe, observons l’amour amitié. Dans ce cas, avant l’arrivée de la sorcière, suivie du prince, la jeune demoiselle aimait à coucher avec ses sept petits amis. Grand bien lui en fasse. Cependant le cocktail amour – amitié est explosif. Il faudra donc le manipuler avec soin, car à force de trop le secouer il pourrait vous exploser au visage. Les anglo-saxons désigne cela par l’expression « friend with interests », autrement dit, un(e) ami(e) avec intérêts. Pas questions d’intérêts bancaires, bien qu’il soit tout de même question de bourses.
Par contre, si dans un élan de sexualité animal la belle avait décidé de ne pas embrasser le crapaud, et de se faire le prince en l’état, cela s’appellerais de la zoophilie. Et peut être le crapaud ne veut-il pas de la princesse.
Colin